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On ne badine pas avec le foot
« Ne gravons pas nos noms au bas d’un parchemin » (Brassens)
Qui de vous, chers lecteurs, ignorent la défaite de l’équipe de France de foot et la demande en mariage du sélectionneur, de cette même équipe, à une « journaliste » sportive ? Personne, parfait. Rendons-nous à l’évidence, alors que l’humiliation de notre brave peuple était à son paroxysme, le fautif pensait à ses noces ! Honte, infamie, scandale, la presse unanime rigole ou se déchaîne en titrant sur le même événement : Il a osé mélanger les genres ! Les sportifs, fiers dans leur tête vide, s’insurgent sans connaître la signification de ce mot. C’est vous dire si ça va mal ! L’entraîneur a fait une grave erreur ! Sortez le goudron et les plumes et qu’on le pende sur la place de la Concorde !
N’est-ce pas touchant d’entendre des sportifs parler de décences ? Cela même que nous voyons à la mi-temps des matchs vanter les mérites d’un groupe de téléphonie mobile, de sandwichs dégueulasses, de boissons, de céréales… tout pour que les enfants aillent dépenser les euros de leurs parents en pensant qu’ainsi ils encouragent leurs héros plus efficacement. N’est-ce pas noble de profiter de sa notoriété pour devenir un VRP de luxe ? La coupe d’Europe est terminée et aujourd’hui les informations peuvent reprendre une actualité normale. Les résultats des matchs n’ouvriront plus, pour quelque temps, le journal télévisé, mais le mal est fait.
Durant la coupe d’Europe, où notre pays s’est mis à vivre au rythme du ballon rond, il y eu des mélanges de genre bien plus offusquant qu’une médiocre demande en mariage après un match de football. C’est évidement vers l’Elysée que les mélangent douteux se sont, comme toujours, produit.
Commençons par la « Première Dame de France ». Avant d’être la plante verte près du Chef de l’Etat sur les photos de Paris-Match, elle était mannequin. Ensuite, elle fut « chanteuse ». Faisant partie de la grande bourgeoisie, fréquentant le « beau monde » qui se dit de gauche en ignorant à quoi ressemble le peuple, elle eu les faveurs des journaux qui pensent qu’être chiant est une preuve d’intelligence. Aujourd’hui, les louanges et les courbettes sur les talents d’auteur de la « plante Bruni » se font à juste titre plus rares. Les cireurs de pompes hors de prix sont dans l’embarra : Devons-nous avouer nos anciennes tartufferies ? Non, bien sûr, nous nous servirons du nouveau statut de « Carla verte » pour expliquer nos absences de louange.
A cette même période, Sarkozy décide « réformer » France télévision et Radio France. Réformer étant de nos jours un euphémisme pour éviter de dire : saccager. Plus de pub pour les uns, sans compensation financière, faisant le bonheur de TF1 et d’Europe 1, le proverbe est à la hauteur des talonnettes présidentielles et que Dieu bénisse les beaufs.
De plus, Sa Majesté Sarkozy veut que ce soit le Président et le Premier Ministre qui nomme le Directeur de France télévision ! Scandale ! Hurlent les mauvaises langues soucieuses d’indépendance. Mais loin de la noirceur des esprits chagrins, France Inter signe un partenariat avec « Carla plante verte Bruni » ! Sa défécation sur disque aura un bon nombre de passage radio sur Inter. France Inter prouve que ce n’est pas parce qu’on ne peut plus lécher le cul de quelqu’un qu’on doit se passer de lui astiquer les godasses ! Evidement de nombreux auditeurs écrivent à Inter pour déplorer ce gage de servilité. Réponse d’Inter : tous ces disques bénéficiaient d’un partenariat avec Inter, alors pourquoi pas celui-là ?
Vous lisez bien chers lecteurs, pour France Inter être au pouvoir ne change rien, nul devoir de réserve, aucune responsabilité éditoriale, et parce que le courage ne les étouffe pas : nous signerons un partenariat avec l’autre cruche de Bruni et tant pis si ça doit faire plaisir à notre cher Président !
Autre anecdote pour finir. Le rejeton Sarkozy qui n’est pas assez vieux pour avoir étudié en classe la révolution française, est passé devant le tribunal pour délit de fuite et dégradation de véhicule. Le procureur a demandé… la relaxe !
Ben voyons, quand les médias et la justice rivalisent de courbettes, les Français ne pensent qu’à une chose : lapider un entraîneur de football. N’est-ce pas le signe d’une parfaite santé culturelle ? Paraphrasant Prévert on ne peut se permettre que de conclure : « Ô Carla, quelle connerie le football ».
Anthony Casanova
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