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L’hyménée sans hymen
« Fausse vierge, fausse pudeur, fausse fièvre, simulateurs, ces anges artificiels venus d’un faux septième ciel » (Brassens)
Nous pourrions résumer la situation ainsi : la mariée n’était pas vierge. L’histoire pourrait être contemporaine à Molière pour qu’il en tire une comédie. Pourtant, en dépit du dicton populaire, les temps ont passés mais les mœurs n’ont pas l’air pressées. La preuve est faite par l’annulation d’un mariage, en France, en 2008, pour cause de pucelage perdu avant la nuit de noce. Bien sûr le cas inverse, l’homme qui ne serait plus puceau le jour des noces se voyant rembarrer par son épouse, paraît inimaginable à tous. C’est d’ailleurs ce qui provoque la mauvaise humeur générale. Le jugement est une nouvelle preuve de la domination des mâles sur les gonzesses, disent les politiciens et autres intellectuels. Tout le monde s’offusque qu’un juge « pénètre » l’intimité d’un couple en servant de gynécologue en chef au mari « floué » dans son orgueil et sa pole position.
Précisons que le couple est de confession musulmane. Peut-être songez-vous que le juge n’aurait pas rendu le même jugement pour une histoire similaire touchant des catholiques ? Certes c’est dégueulasse, le juge doit avoir une louche du paternalisme douteux des néo-colonialistes pour l’accompagner dans ses sentences. Tout le monde hurle au scandale : la fausse vierge n’est plus mariée à cause de la justice française !
Lorsque j’ai appris la nouvelle, je me suis dit que le juge était un imbécile heureux. Puis j’ai pris le problème autrement. Le juge a rendu sa liberté à une pauvre fille qui allait se retrouver marié à un con. En théorie le juge a eu tort, mais en pratique, je pense qu’il a raison. Cette jeune fille devait vivre dans une ambiance religieuse assez forte pour ne pas avoir montré son cul, que j’imagine joli, à son futur époux. Aucune séduction, aucun plaisir, aucun désir… ça empeste le mariage arrangé. Imaginez que le juge ne concède pas l’annulation à Monsieur le mari… qu’elle vie de merde attendait la pauvre fille ! L’annulation du mariage lui a rendu sa liberté. Liberté forcée, peut-être, mais liberté quand même. La famille de la belle sait maintenant que la fille à son papa et à ses frères, eu des démangeaisons au clitoris en se fichant d’Allah et de sa petite quéquette molle.
Le mariage reste une prison pour tous les gens qui n’ont ni les moyens ni le pouvoir de s’en passer. Grâce à Monsieur le Juge, les filles qui vont être prochainement mariées de « force » savent ce qu’il faut faire pour échapper au « destin » : s’envoyer en l’air, baiser, cocufier avant l’heure, et l’impuissant de mari suivra l’exemple du pauvre type qui nous intéresse en annulant le mariage, sans frais de divorce ! Une annulation d’un mariage ne peut être qu’une bonne chose. Monsieur ne voulait pas que son épouse s’aperçoive de ses piètres talents d’amant par le simple fait de la comparaison. Et bien qu’il se régale avec sa main ! Je n’ai jamais compris l’enthousiasme de certains hommes pour le pucelage des filles. Rien n’est meilleur, à mon goût, qu’une femme qui a connu toutes sortes d’hommes. Pour le plaisir de la métaphore, c’est aussi stupide qu’un écrivain se complaisant de l’avis littéraire d’un lecteur qui n’a lu qu’un seul livre dans sa vie !
Plus les femmes auront d’amants, moins elles penseront à se caser ce qui, finalement, évitera aux juges – qui n’ont pas à mettre leur robe dans celles des autres – à légiférer sur la validité des histoires de fesses quand elles ont le mauvais goût de se passer la « laisse au doigt » devant un religieux et un maire qui ne sont que des antidotes sévères aux plaisirs charnels.
Anthony Casanova. |
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