Le coq des bruyères hebdo... suite
N°70 année 2008
Edito

La Chine pour le Tibet

« Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire  » (Brassens)

Que les choses soient limpides dès les premières lignes de cet édito : je ne peux pas encadrer le Dalaï Lama. Je n’ai rien contre les chauves, mais les gourous m’indisposent. Même ceux qui poussent le ridicule jusqu’à porter une robe de chambre jaune et rouge en prétendant se réincarner depuis le 14ème siècle, même eux n’arrivent pas à gagner ma sympathie. Comment peut-on rester impassible devant l’image de tous ces gosses en uniforme et de son chef « spirituel » régnant sur eux sous le regard ému des télévisions en mal d’exotisme moyenâgeux ? Que les Bouddhistes ou les « affiliés » me pardonnent le dégoût que m’inspire leur leader, qui, du haut de sa philosophie de supermarché, n’est que le représentant de la branche la plus intégriste de sa religion.

Nul n’ignore que le très philanthropique Comité International Olympique (CIO), eut la géniale idée de confier les « jeux » au seul pays communiste qui fait des envieux : la Chine. N’est-il pas curieux, qu’un pays communiste devienne un modèle de capitalisme, ou plus simplement qu’une dictature dicte les règles économiques de notre petit monde ? Bref, il y aura des JO à Pékin. Tous les amis des Droits de l’Homme furent chagrinés par la décision du CIO, car la diplomatie c’est bien, mais l’obséquiosité a ses limites, jugèrent-ils hâtivement. Ainsi, par la force des choses, nous sommes confrontés à un choix : Y aller ou non ? Les Kouchner, Rama Yade et autres tartuffes notoires retournent la jolie veste qu’ils portaient si bien du temps où leurs avis ne servaient que la démagogie. C’est par ce miracle que l’ancien distributeur de riz en Afrique, l’apologiste du devoir d’ingérence, devient l’ectoplasme sinistre, qui pour un portefeuille renia 30 ans de « combats ». Délectons-nous de ce mignon « french doctor », devenu un Faust de gouttière pour un boulot au Quai d’Orsay, justifiant, sur France 2, les pincettes dont-il se sert pour ne pas froisser le gouvernement chinois qui n’a que foutre de ce pantin et de ses pressions imaginaires. On entend par-ci, on pense par-là, boycotter la cérémonie d’ouverture mais jamais au grand jamais ne se joindre à la « fête du sport ». Car les « jeux » c’est du sport pas de la politique !

Je ne vais pas vous parler – je l’ai trop fait – du film les « Dieux du stade » de Leni Riefenstahl qui vanta, sous les SS, ces mêmes « jeux » qui n’ont rien de politique. Mais, c’est l’histoire qui s’est passée en Avril 1958, qui pourrait nous éclairer sur ce qui devrait se passer à la place d’un boycott. L’équipe de France de foot préparait la Coupe du monde en Suède. Parmi les joueurs, deux étaient d’origine algérienne, Rachid Mekhloufi et Mustapha Zitouni. Avec une trentaine de joueurs évoluant dans le championnat de France, ils rejoignent en secret Tunis où est installé le gouvernement provisoire de la République algérienne. Le but du FLN est de former une équipe nationale. Rachid Mekhloufi, dans « France Football », déclare :  « Vous savez, les gens raisonnent aujourd’hui en termes de carrière, de palmarès et de finances… La Coupe du monde, bien sûr, j’y pensais, mais ce n’était rien en regard de l’indépendance de mon pays. ».
Vous me voyez venir ? Imaginez, Laure Manaudou ou je ne sais quel sportif, refusant de participer à l’épreuve alors qu’il se trouve à Pékin devant les caméras de la télévision chinoises, quelle image ! Ce dont souffrent les Chinois, c’est l’isolement et là ils pourraient, enfin, voir un pied de nez à leur gouvernement, un geste qui marquerait l’histoire bien plus qu’une babiole en or ou en chocolat. J’ai entendu bien des sportifs parler de leur longue préparation pour les jeux, un peu pour nous apitoyer et nous faire comprendre qu’ils ne peuvent boycotter les « jeux ». Bande de cons ! Mais quand un sportif comprendra t-il que c’est bien gentil de courir vite, mais qu’à un tel niveau, ils deviennent par la médiatisation de « leurs exploits » la légitimation d’une dictature. Que les événements au Tibet cessent ou non, il faut marquer les « jeux » par un boycott de la cérémonie d’ouverture, et que les « athlètes » pourvus d’une conscience, faisant fi d’un égoïsme mal placé, ne participent pas aux épreuves au nom du plus d’un milliard de chinois opprimés sans dire comme dans la chanson de Dutronc : « et moi, et moi, et moi ! »

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Voici la pochette, la photo fut prise sur le Pont des Arts à Paris dès les premières lueurs du jour…
Et toujours le « mon espace »
www.myspace.com/martialanthony

Anthony Casanova.

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martial et anthony