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Qui veut la peau de François Bayrou ?
« Il faut se prémunir contre la tentation d’être un rejeton d’imbécile» (Brassens)
Après sa troisième place aux élections présidentielles, Bayrou créa le Modem. Pourquoi faire, diront ceux qui se suffisaient de l’UDF ? Tout simplement pour arriver en homme nouveau en 2012 et tenter de succéder à Sarkozy. Le Modem est au centre voire au milieu où, plus clairement, il a le cul entre deux chaises sur l’échiquier politique. Il existe deux branches au Modem, la première s’intitule « le Modem », la seconde François Bayrou. L’un n’est fait que pour servir d’escabeau à l’autre. Le brave François en a marre d’entendre parler de gauche ou de droite, car il est bègue et non hémiplégique, alors il veut rassembler la France même par saccades. Les élections municipales furent l’occasion au Modem de montrer ce qu’il avait dans le gras du bide, la réponse est tombée : pas grand-chose. Il s’avérerait que ne voulant ni Sarkozy, ni Ségolène une partie du peuple vota Bayrou par défaut. Bayrou le pressentant s’est dit qu’il lui fallait un clan solide pour exister durablement d’où le changement de nom de l’UDF. Certains l’ont suivi, mais la plupart se sont rangé dans leur camp historique, la droite.
Le Modem présenta des candidats dans chaque grande ville et son chef se lança à la conquête de la mairie de Pau. La vie réservant des surprises, Bayrou arriva en deuxième position après la candidate PS et juste avant celui de l’UMP. Tragédie ! Allait-il demander publiquement les voix de l’UMP pour gagner comme le lui a, perfidement, conseillé Devedjan ? Evidement non, il en aurait perdu toute crédibilité nationale ; par contre le Modem, lui, ne se prive pas de s’allier tantôt à gauche, tantôt à droite selon le vent du premier tour. Le cas par cas disent-ils, en omettant de préciser quelles vont être leurs positions quand le maire, de gauche ou de droite, s’adressera, en leur nom, au conseiller général, au député, enfin bref quand la commune devra prendre des décisions hors des limites de ses panneaux de signalisation.
Mais revenons au messie du centre. Qu’il perde ou qu’il gagne, rien ne change pour lui. S’il perd, il arrivera droit dans ses bottes en caoutchouc devant les caméras pour annoncer qu’il est la victime des vilains partis politiques et de leurs œillères partisanes. S’il gagne, il arrivera droit dans ses bottes en caoutchouc devant les caméras pour se féliciter de sa digne victoire contre les clans vieillots qui sclérosent notre Pays. Entre Bayrou et son appareil politique le Modem c’est dites ce que je dis et faites ce que j’aimerais faire ! Le cas par cas, cette bonne blague ! Que tous les lecteurs du Coq qui ont dans leurs villes l’alliance d’un candidat de droite ou de gauche avec le Modem me préviennent si celui-ci a expliqué pour quels grandes raisons idéologiques il a choisi de ne pas s’allier avec le candidat le moins bien placé pour lui faire gagner la mairie.
Tout comme dans l’artisanat, la prostitution est le plus vieux des métiers, en politique l’opportunisme est la plus vielle des tambouilles ; quel jolie fable moderne nous offre le Modem avec la douce histoire du puceau et des maquereaux, Bayrou le saint qui ne se met derrière aucun nom et ses acolytes qui n’ont d’égard que pour le portefeuille qu’ils soutireront. Si Bayrou n’avait pas comme unique but sa petite pomme, il aurait fait en mai dernier ce qu’il applaudit chez les candidats de son mouvement à savoir : le ralliement. Mais lui, Bayrou le prude n’osa qu’un « je ne voterai pas pour Monsieur Sarkozy ». Ce n’était pas être un vassal de Ségolène que de dire, comme TOUS les candidats du Modem aujourd’hui, sa préférence dans une élection, alors que maintenant sa position de « chevalier blanc » fait passer le Modem pour une clique de girouettes dont l’idéologie consiste à retourner sa veste dans le bon sens. Le Modem en crèvera malgré, certainement, un bon score aux prochaines élections européennes. Sans Le Pen plus de FN, sans Laguiller plus de Lutte ouvrière, sans Bayrou plus de Modem, c’est le sort de tous les partis qui n’ont pour fonction que la gloire du chef. Le Modem ne s’implantera jamais localement, car à force d’avoir le cul entre deux chaises, on finit toujours par se casser la gueule.
Anthony Casanova. |
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