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40 ans de liberté
« La femme qui possède tout en elle pour donner le goût des fêtes charnelles » (Brassens)
Elle a quarante ans et c’est l’une des plus belles inventions qui fut trouvée par l’Homme après le champagne et les œuvres – dont la pasteurisation – du grand Louis Pasteur. Elle a quarante ans et c’est le temps du bilan et de notre profonde reconnaissance, alors ensemble : joyeux anniversaire chère Pilule contraceptive !
Pour être honnête, la belle invention a officiellement 57 ans, mais son autorisation en France date du 28 décembre1967 grâce à la loi Neuwirth.
La pilule est remboursée depuis le 4 décembre 1974, même si aujourd’hui beaucoup ne le sont plus. Pour que la pilule soit remboursée, il faut prendre celles dites de « deuxième génération ». Pourquoi vous parler de ça, en édito et dans le Coq des Bruyères me direz-vous ? Et bien cher lecteur, en cette fin d’année et pour vous accompagner dans votre nuit de la St Sylvestre qui, si elle fut bien ficelée, s’est terminée avec une délicieuse personne, je me dois de parler de contraception. Certes, aujourd’hui la majorité des femmes menant une vie sexuelle intense n’ont pas connu l’époque où l’on faisait l’amour dans la crainte que Monsieur ne contrôle pas sa semence, mais ce n’est pas une raison.
Pour ceux et celles qui sont allés jusqu’au lycée, vous avez eu droit à un cours sur la contraception. Ce cours, médiocre et inefficace, parlait du sexe de manière biologique, pour simplifier : de manière chiante. Jamais il ne fut question du plaisir, du relationnel, des choix de sexualité et de la manière d’adapter sa contraception à sa fréquence libidinale. Non, on ne vous parla et, on ne parle toujours, que des cellules, de l’ovaire, des spermatozoïdes et du cache-cache rigolo provoqué par la petite pilule. Passionnant mais débandant au possible.
Alors que la pilule est l’un des médicaments les plus utilisé en France, on vous parle du rhume, de la grippe, de la gastroentérite, qu’il faut se laver les mains après avoir fait caca et qu’il faut fermer la porte des toilettes à clef, sinon on peut vous surprendre, bref on sait tout sur nos chiottes et rien sur ce qui touche à la seule chose qu’on aime se faire toucher. La contraception, puisqu’elle parle de la sexualité des femmes, a droit à une « pudeur » que je qualifierais, sans trop d’animosité, de bassement bigote et d’indigne d’un pays qui, on a tendance à l’oublier, est laïque !
Et puisqu’on n’en parle pas, des idées reçues circulent et comme personne ne les dément, je me propose de tordre le cou à certaines. Par exemple dans les idées reçues, le stérilet n’est adapté qu’aux femmes de 40 ans après qu’elles aient pondu un gosse sinon c’est terrible. Eh bien c’est faux ! Une fille de vingt ans peut réclamer un stérilet si elle n’a pas d’aventures fréquentes, ça n’endommage en rien sa « mécanique », car prendre la pilule quand on ne baise pas souvent, laisse trop de place aux petits oublis qui augmentent les risques de tomber en cloque. Il n’y a pas de bonne contraception, seulement il faut trouver la sienne.
Autre idée reçue : la pilule provoque le cancer. Quand on entend quelqu’un vous dire ça, on ne sait jamais trop quoi répondre car le manque d’information sur le sujet est total ! La prise de la pilule peut être associé au cancer du sein, l’augmentation du risque est peu importante et il faut savoir que 10 ans après la prise de la pilule, le risque redevient à la normal. Alors vous allez me dire : « la pilule provoque le cancer n’est pas une idée reçue ! » Certes, mais la pilule diminue les risques du cancer de l’ovaire, qui est l’un des plus agressif, et la prise de la pilule diminue par « 2 » les risques de cancer de l’endomètre qui est le cancer de l’utérus, à ne pas confondre avec celui du col de l’utérus. Alors, si nous prenions une balance, les avantages de la pilule sont plus nombreux que ses inconvénients. Ce n’est pas préférer un cancer à un autre, tous les médicaments ont des effets secondaires, mais il faut clouer le bec des grenouilles de bénitier qui parle de cancer quand on évoque la pilule. L’important c’est que les femmes soient correctement informées et qu’on cesse de le faire croire que la pilule est cancérigène. Derrière ce genre d’argument se cachent souvent les ignorants qui nomment un embryon – jusqu’au 3ème mois, mesurant 3 ridicules centimètres (IVG jusqu’à la douzième semaine) – un embryon, un fœtus quelque soit le mois de grossesse : un « bébé » !
Précisons que la pilule pour les hommes n’est qu’au stade expérimentale et que pour les messieurs qui ont, comme moi, horreur de la procréation, il reste la sainte vasectomie. Peu fréquente en France, la pratique est assez répandue en Angleterre et au Canada.
Autre idée reçue : la pilule du lendemain est nocive si trop fréquente. C’est faux, on peut la prendre plusieurs fois dans le mois, même si elle est moins efficace que la pilule quotidienne ; elle est en vente libre sans ordonnance et reste un moyen de contraception. Contraception d’urgence certes, mais contraception tout de même !
S’il y a de nombreuses méthodes de contraception, seul le préservatif protège des MST, faut-il le préciser ? N’oublions pas que même « si le sida à rendez-vous avec le lune, c’est pas une raison pour rester chez soi… » vous devez connaître la suite, non ?
Chers lecteurs du Coq des Bruyères, peut-être pensez-vous que cet édito est incongru pour un journal satirico libertaire ? C’est possible, mais si tout le monde se dit ça, ce qui est le cas, nous arrivons à ce constat : personne ne parle de la contraception. La contraception c’est le fait d’envisager la sexualité par le plaisir et l’épanouissement et non comme une sauvegarde de l’espèce, et n’est ce pas une merveilleuse invention libertaire ? Pensez qu’aux USA, la contraception est synonyme d’abstinence et c’est enseigné dans les écoles, c’est vous dire le nombre de tabous qui tournent autour des hanches des femmes !
Même si je suis homme à me réjouir plus d’un avortement que d’une naissance, je certifie scrupuleusement la vérité de TOUT de ce que j’avance dans cet édito, notamment sur les cancers. Mes sources provenant non d’un marabout ou d’une vielle tante aveugle lisant l’avenir dans son urine, mais de l’ « Institut national de la santé et de la recherche médicale ».
Bonne et heureuse années et que vous sacrifiez des milliards de spermatozoïdes pour fêter ça !
Anthony Casanova.
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