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Dailymotion et moi
« Comme je n’étais qu’un salaud, je me fis honnête » (Brassens)
Chers lecteurs, la semaine dernière je vous parlais du livre de François Cavanna « L’Aurore de l’Humanité » et voilà que cette semaine, je m’en vais vous causer de mon nombril. Vous retrouverez l’édito prévu pour cette semaine à l’intérieur du journal. Il m’est arrivé un micro événement, mais vous savez ce que c’est, quand il s’agit de soi on a toujours un peu tendance à vouloir en parler.
Connaissez-vous le site Dailymotion ? C’est un site de vidéo en ligne ; tout le monde y met ce qu’il veut et ensuite les internautes y laissent quelques commentaires. Les « petits » artistes, par « petits » j’entends les moins médiatiques, y laissent des vidéos pour se montrer avec l’espérance de s’y faire connaître. Alors pourquoi vous dire ça ? Et bien, il se trouve que j’y suis ! Nulle gloire bien évidemment, c’est juste que je n’y suis pour rien et qu’en plus j’y suis copieusement insulté. C’est ballot non ? La raison du courroux est un texte sur les tests ADN que j’ai lu lors du dernier « Bar des vieux cons (n° 26) ».
http://www.dailymotion.com/video/x3grcu_concentre-dextrait-de-jus-dantifasc
Dans une équipe tout le monde à plus ou moins un rôle et je fini par penser qu’au sein des « Auteurs réunis », je suis celui qui est là pour se faire des ennemis. Entre les militants d’extrême droite et quelques communistes, ma côte d’amour est pour ainsi dire, au niveau de la mer. Alors à l’abordage !
Puis partant vous parler de mes inimitiés, une pensée me traversa l’esprit… peut-être vous aussi, mes petits lecteurs, vous pensez toutes ces vilaines choses de moi ? Ô malheur, Ô désolation, je vais devoir répondre à ces petites attaques, dans le seul but de provoquer un peu plus de haine à mon encontre.
En parlant de moi je lis ceci : « c’est le trou du cul qui a fait une ode à Ségolène Royal ? »
Enfin, mon petit détracteur, c’était de l’humour – quand on en vient à expliquer ça – la chanson était un pastiche de chanson d’amour en clin d’œil du poème « A une passante » de Baudelaire. En prenant soin de citer plusieurs œuvres qui font référence à des aspects de l’amour : « l’Origine du monde (le naturel) » ; Dernier tango à Paris (le féminisme); Cyrano de Bergerac (l’amour intellectualisé) ; Gorge profonde (la sexualité) ; Le Paradoxe du comédien (l’art de jouer sans s’investir). Dans la chanson c’est le « paradoxe du libertin », référence à Diderot qui est l’auteur du « Paradoxe du comédien ». Cette chanson n’était qu’une boutade, pour rire de l’engouement pour Ségolène avant son investiture. Certes j’ai voté, sans remord, pour elle… mais ce n’était pas à prendre au premier degré.
Mais ce qui me chagrine, c’est qu’un autre de mes détracteurs parle de notre cuisine en Hte Savoie, où nous enregistrons le « Bar des vieux cons », comme d’un « bunker » rajoutant même : « on sent qu’ils subissent la modernité de plein fouet ». Sachez, cher détracteur, que je suis « moderne » par définition, puisque je vis au temps présent, c’est con à dire, mais comme je vous parle, je prends les devants. Si vous entendiez « moderne » dans le sens où, au lieu d’être dans un petit village, en terrasse, entrain de boire un coup, nous aurions dû nous affaler devant un écran plasma, avec baffles à fond pour savourer les joies du modernismes électroniques… je vous affirme mon cher détracteur, la modernité, je lui pisse au cul avec une paille tout en me sifflant un verre de rouge !
Revenons à l’ADN, je suis présenté sur Dailymotion ainsi :
« Anthony Casanova le chansonniais : concentré d’extrait de jus d’antifascisme.
Quand une génération se livre à la repentance, c’est pour affirmer, en réalité, sa supériorité morale sur les générations précédentes. La France est aujourd’hui peuplée de pénitents arrogants qui auraient pris le maquis dès 1940 et qui hurlent au fascisme à la moindre occasion pour bien montrer de quel bois résistant ils se chauffent. Cette repentance n’est pas un mea culpa, c’est une pratique effrontément narcissique et anachronique de la mémoire.
Signé : Fifi »
Moi faire preuve de repentance ? Pour la France ? Mais mon brave Fifi, je suis d’un anti-patriotisme primaire et sincère, je me fou de la France ! Suis-je narcissique ? Peut-être, mais de là, à me sentir coupable pour l’histoire, certainement pas. Est-ce de ma faute si à la libération, tous les hauts fonctionnaires furent majoritairement reconduit à leur fonction, car il n’y eu pas assez d’infidélité à Pétain ?
Par contre lorsqu’on parle d’eugénisme avec les tests ADN, là, je me sentirais coupable de ne pas rappeler – en utilisant l’humour – la période qui vous est si chère, mon bon détracteur, où la génétique faisait le « bon Français ».
Dans l’avant dernier « Bar des vieux cons (n° 25) » il y a une chanson où je parle d’une rafle en charter d’une famille africaine et où tu pourrais aussi me taxer de « repentance » voici le couplet :
« Selon nos informations
On vous attend mes petits cochons
Et à peine l’avion atterrit
Vous passerez un sacré quart d’heure
Faut pas se foutre du dictateur
Que la France vous a choisi »
Tu n’as qu’à te servir aussi de la vidéo où on nous entend chanter cette chanson pour la mettre sur ton site, si ça te fait plaisir. Par contre rassure tes gosses si t’en as, ils n’auront pas à faire « pénitence » pour moi.
Pour ta gouverne mon bon détracteur, mon bon Français, je réciterai en compagnie de mon compère Martial Paoli, le lundi 26 novembre au théâtre des « Deux ânes » à Paris 18ème, le texte sur les tests ADN.
Chers lecteurs, tout ça pour dire n’hésitez pas à me critiquer, ça m’excite !
Anthony Casanova.
Les tests ADN
A bien y réfléchir je pense, mais j’ai eu tort,
J’ai voulu raviver ma fierté tricolore.
Ainsi, benoîtement, j’ai fait cette semaine
Et je le regrette un de ces tests ADN,
J’y ai découvert une anomalie perfide...
J’ai un chromosome en forme d’étoile de David.
Vous l’avez compris je suis juif, j’en suis malade,
Alors serais-je ashkénaze ou bien séfarade?
Là, c’est trop me demander mais comprenez moi!
J’ai toujours cru descendre d’un guerrier gaulois!
Je me voyais tel un Charles Martel, en somme,
Virer les étrangers du pays des droits de l’Homme;
Puis, à la découverte de mes racines lointaines
Je vis dans la crainte d’une rafle soudaine,
Je sens bien que la police municipale
Met en doute mon identité nationale,
Je suis juif, ça se voit en plus c’est étrange
Comme la mouche du film de Cronenberg je change:
Mes cheveux, au niveau des tempes, avancent et reculent
Pour tout dire, en un mot commençant, ils ondulent !
Vous allez même finir par me trouver louche
Mais le matin, j’ai peur de rentrer dans la douche ;
Il y a pire, en prenant le métro ça m’arrive
De croire qu’il m’emmène tout droit au Vel' d’Hiv'…
Las, je me suis rendu à la kommandantur…
Non, pardon, je veux dire à la préfecture.
J’ai dit: « je suis juif » et je me suis rendu,
Réclamant l’étoile jaune et qu’on en parle plus.
J’eu la surprise d’être reçu par le préfet
Qui m’affirma que les temps avaient changés,
Ma race, dit-il, ayant payé tous ses crimes
Je ne devais plus craindre les lettres anonymes.
« De quels crimes pourrions-nous être les auteurs ? »
Ai-je répondu, « c’est vous les collaborateurs ? »
Holala, son regard me fit froid dans le dos,
Il m’expliqua ma méprise en ces quelques mots :
« Parce qu’ils avaient
Les doigts crochus,
Le nez pointu,
Et l’air mesquin.
Parce qu’ils mentaient
Impunément
Aux allemands
Venus de loin,
Les bons français
Leur ont offert
Pleins de tickets
De chemin de fer!
Monsieur, je vous certifie vous ne risquez rien
Certes, si vous aviez été juif et Africain
Là, la situation serait un peu moins drôle,
Vous auriez dû certainement subir un contrôle.
Mais par chance, de visu vous êtes comment dire… blanc !
Votre code génétique, on s’en moque pour l’instant.
Attendez, Monsieur j’ai une question par hasard,
Vous n’auriez pas trouvé un chromosome tout noir? »
J’ai filé sans me retourner, plutôt content,
De n'être pas né quelque temps auparavant
Où mes gènes auraient eu la tendance à gêner
Ceux qui savent séparer le bon grain de l’ivraie... Les noirs ont un avantage par rapport aux juifs,
Ils ont leur couleur pour étoile de shérif,
Pour l’Etat c’est une économie énorme!
Je ne compare pas le fond, juste la forme,
Mais restons aveugles, ils ont raison les borgnes :
Les charters qui s’envolent ne vont plus en Pologne. |
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