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Finis la bronzette
Le Coq est de retour pour une nouvelle année. Une année charnière comme disent ceux qui savent quand une année ne sert à rien et quand une année est charnière. Pourquoi charnière ? C’est une excellente question à laquelle nous essayerons de vous répondre tous les lundis, jour de parution du presque « culte », pour employer l’expression favorite de Patrick Font, Coq des bruyères hebdo.
Nous saluons l’arrivée de Doux Douille pour une chronique intitulée les « impromptues de Doux Douille ». Doux Douille que vous avez déjà eu le plaisir d’entendre à deux reprises dans le Bar des vieux cons, vous aurez désormais le plaisir de le lire avant d’avoir le plaisir de l’applaudir sur scène. Vous devez penser qu’il y a trop de fois le mot « plaisir » pour que ce soit honnête ? Vous avez raison c’est plutôt la joie de l’entendre, le plaisir de le lire et le bonheur de le voir sur scène.
Dans les semaines qui vont venir nous allons remodeler le site des Auteurs réunis et nous vous réservons quelques surprises comme on dit quand on veut allécher l’internaute.
Alors bonne lecture et comme dirait Lagardère : « Le Coq des bruyères le seul journal gratuit qui ne soit pas un journal de vendus ! » L’équipe du Coq des Bruyères |
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« Je lui enseignai de son métier les petites ficelles. » (Brassens) Même si j’éprouve le plus grand intérêt pour tout ce qui touche au saphisme, je n’ai jamais compris le plaisir de voir des jolies femmes se battre dans la boue ou dans de la gelée. J’ai appris qu’un grand magasin qui vend des vidéos, disques, livres, avait dans ses rayons des « combats féminins ». Ce genre de programme intéresse t-il plus les hétéros ou les lesbiennes ? Aux Etats-Unis, le basket féminin est le sport lesbien par excellence, ce qui prouverait qu’il y a une forme d’érotisme dans le sport et que j’y suis totalement hermétique ; je ne sais pas s’il en va de même en France pour le basket, mais par contre dans l’hexagone les gays et les hétéros ont leurs combats dans la gadoue pour homme : le rugby. |
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Le succès du fameux calendrier au titre douteux (Dieux du stade) dans la communauté homosexuelle est assumé parfaitement par les producteurs ; les photos d’ailleurs ne cachent pas le public qu’elles visent. Photo où une savonnette est au milieu des joueurs dans la douche, photo d’un joueur allongé près d’un godemiché etc.… bref, le péplum sportif fait fureur chez les amateurs d’amours viriles et c’est d’une certaine manière complètement logique. L’équipe de France devrait, à ce sujet, avoir son propre char lors de la Gay-pride. ce ne serait qu’un juste retour des choses et un geste fort en faveur de la lutte contre la discrimination en militant pour le mariage civil et l’adoption pour les couples d’hommes et les couple de femmes. Pour une fois que le sport servirait à quelque chose.
Par contre, il est temps de balayer les « vertus » du ballon ovale. Le rugby est, avec la boxe et d’autres sports de « combat », une vulgarisation de la violence. Ils se tapent dessus, ils ont les oreilles en forme de chewing-gum écrasé et c’est parait-il, une excellente école de la vie. Quel meilleur exemple peut-on donner de l’intelligence de l’homme, de sa virilité, de son évolution qu’un match de rugby ? Entre le culte des néo-zélandais qui font la danse des canards pour montrer leur courage et la référence à un film nazi pour nommer un calendrier (Dieux du stade), nous sommes gâtés.
Comme beaucoup de sports, le rugby s’assimile parfaitement aux jeux du cirque. Trente beaufs qui se cognent jusqu’au sifflet final pour défendre les couleurs de leur pays en faisant l’apologie de la bonne vielle testostérone masculine, ça c’est du spectacle. Les amateurs de ce sport affublent leurs héros de jolis sobriquets « barbare » « bête féroce »… car le but est de renvoyer l’homme au rang d’animal. Il n’est pas étonnant que le rugby soit le sport roi dans le sud-ouest de la France, sud-ouest où la corrida fait partie des « traditions ». Lorsqu’on aime par-dessus tout regarder des hommes se conduirent en gladiateur, il est évident qu’on ne peut écouter les arguments de ceux qui veulent donner aux taureaux un peu de dignité pour leur éviter un jeu de massacre. Comment pourrait-on leur faire comprendre que les Droits de l’Homme vont de pair avec le respect des animaux ?
Mais le rugby est un sport d’homme, vous savez ces hommes qui ont des couilles métaphoriques, ceux qui ne sont pas « des tapettes » et qui ne vont pas se laisser « enculer » par l’adversaire. D’ailleurs, le rugby est tellement un bon exemple pour la jeunesse que l’entraîneur de l’équipe de France va rentrer au gouvernement pour nous faire partager sa « philosophie » et son pragmatisme politique qui lui ont ouvert les portes de la publicité pour une marque de jambon sous cellophane. La diffusion de la publicité sera-t-elle comptabilisée par le CSA comme temps de parole du gouvernement ? Puis, pour suivre l’exemple, Sarkozy va-t-il faire de la pub pour les chaussures qu’il utilise lors de son jogging ?
Comme toujours, je souhaite ardemment la défaite de l’équipe de France de rugby et si cette défaite peut-être considérée comme « humiliante » par les spécialistes de la discipline je n’en serais que plus heureux !
Quand personne ne s’étonne de l’union entre la politique spectacle et le spectacle de la violence, on comprend pourquoi le gouvernement peut parler des grévistes comme des preneurs d’otages et de Kadhafi qui séquestre des infirmières et un médecin pendant des années, comme d’un partenaire de la France sans que ça n’offusque le bon peuple qui toujours se presse pour acclamer les gladiateurs d’opérette.
Anthony Casanova.
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