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Le coq des bruyères hebdo... suite
N°34 année 2007
le coq info
Edito
De la droite molle à la gauche flasque (2/2)

« Incapable de risquer sa vie pour cueillir un myosotis à une fille   »(Brassens)

L’UDF, qui aurait pu croire que ce parti aux senteurs de naphtaline pouvait revenir à la mode en 2007 ? Il faut dire que les années 70 reviennent dans l’air du temps, les jeans « pattes d’éléphant », les cols en pointe, Polnareff, le disco, tout est de retour alors pourquoi pas le parti de Giscard et le retour d’un dès plus bel oxymore : les jeunes giscardiens !
Ni droite ni gauche mais centre. L’UDF c’est la fin de la bipolarisation de l’échiquier politique pour la naissance d’un parti unique de coalition. Fini les débats, il y a assez de place pour tout le monde ; puisque depuis quarante ans la présidence oscille entre le centre droit et le centre gauche nous n’avons plus qu’à bosser ensemble. Plus de dispute et partons gouverner d’un pas vif et allègre de sénateur. Voilà en gros le discours des centristes : la parole sérieuse, l’ambition douce, le projet commun, les désirs réalistes, l’ennui ennuyeux. A quoi peut aboutir le vote pour Bayrou ? La semaine dernière, je parlais de Monsieur « 20 % » en exposant sa stratégie, cette semaine je voudrais parler du vote Bayrou.

La politique souffre d’une image déplorable, le peuple s’en désintéresse et fini par penser que de voter à droite, à gauche ou ailleurs ça ne change rien. Bayrou caractérise cette pensée. Pour lui droite ou gauche on s’en fiche, il faut gouverner ensemble pour « sauver » la France. Ne pas être trop de droite, ne pas être trop de gauche : gouverner raisonnablement. Mais la politique n’est pas raisonnable, elle vie, elle peut-être dangereuse, sauvage, salvatrice, et dire que s’il y a de bonnes idées à droite et de bonnes idées à gauche, il faut s’en servir pour faire le centre c’est empêcher la politique de respirer ! « La politique c’est l’art d’empêcher les gens de s’occuper de ce qui les regarde » disait Paul Valéry, et le vote centriste c’est dépassionner un débat, un monde politique, qui passe déjà pour le meilleur des somnifères. De LO au FN on attend avec impatience cette formation pour dénoncer les copinages de la classe politique : « tous amis tous pourris » c’est le merveilleux slogan des amoureux des démocraties qui tombent.

Quelle belle période que fut le référendum sur l’Europe. Tous ces débats, ces engueulades… tout ceci est bon pour la démocratie même si les arguments des uns et des autres restent souvent superficiels. Les congés payés, l’abolition de la peine de mort, les droits des homosexuels, des femmes, le traitement des animaux (chasse, corrida, expérience dans les laboratoires, cruauté inutile des abattoirs…), la culture, la construction de l’Europe… tous ces sujets de société ne peuvent être traité avec tiédeur, comme si ça n’intéressait et ne touchait personne ! Parce que nous ne sommes pas tièdes ! La politique c’est ce que nous sommes, ce que nous vivons, ce que nous serrons, tout est politique : du prix d’un paquet de préservatif au nombre d’étage d’un immeuble, de l’existence des radios libres au réchauffement de la planète : tout est politique. Nier la place de la politique dans nos vies c’est nier le rôle de l’humanité dans la société. Ceux qui pensent que la politique ne les concerne pas, qu’en politique ils sont tous pourris, qu’ils ne pensent qu’à eux, rejettent l’opinion qu’ils ont d’eux-mêmes sur ceux qui les dirigent. Penser que la politique ne nous concerne pas c’est ce dédouaner de toutes responsabilités dans le cours de la vie. Un exemple dans notre quotidien : Je regarde à la télé des gens se faire humilier, mais comme je n’en fait pas parti et que je ne produis pas l’émission, je ne suis pas responsable car j’ai un rôle passif. C’est faux, nous sommes tous responsables et ne pas l’admettre c’est se résigner à l’état d’un légume. Nous sommes libre de faire, de laisser-faire ou de protester.
Pour finir, je vous livre ma conclusion la plus optimiste du jour :
La France terre des Lumières, des Droits de l’Homme… c’est du vent ! Ca fait bien longtemps que la France n’est plus une terre de « Lumière » sinon nous aurions aboli la peine de mort en premier ; nous aurions autorisé le mariage civil, le seul qui compte, des gays en premier ; le vote des femmes en premier ; l’abolition de la chasse et le respect des animaux les premiers ; là nous aurions gardé un monde d’avance mais ça fait longtemps que la France n’est plus le pays de la culture ! Quand tous les artistes parlaient le français car c’était ici qu’il fallait être !
Aujourd’hui, on intente un procès à une exposition d’art ; on reconduit des enfants à la frontière parce qu’ils n’ont pas du sang de chez nous ; on se congratule d’avoir un cinéma français qui plaît (Bronzés 3, Taxi 4, Camping) en laissant crever le cinéma d’auteurs ; on ne finance plus que la recherche lucrative des cosmétiques ; on ferme des écoles en supprimant de plus en plus d’enseignants pour ouvrir de plus en plus de prisons ; notre Président critique la liberté de la presse d’un journal satirique et, au lieu de se presser à des salons littéraires, les candidats à la plus haute élection s’entassent à celui de l’agriculture… puis, finalement on pense que la démocratie sera sauvée par la présence d’un candidat d’extrême droite et, que le renouveau politique est amené par un rejeton de Raymond Barre et de Valery Giscard d’Estaing !
Mais mes braves, la France ça fait longtemps qu’elle n’offre plus de lumière… peut-être confondiez-vous attivement avec un petit reflet sur la cuvette de vos WC ?          
                 
                 
 Anthony Casanova. 

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