![]() |
||||||||||||||||||||
| Le coq des bruyères hebdo... suite | ||||||||||||||||||||
| N°28 année 2007 | ||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||
| Edito | ||||||||||||||||||||
ADIEU L’ABBE ! |
||||||||||||||||||||
|
Or donc, voilà notre seul véritable ministre du logement parti vers un monde que l’on espère meilleur…Les athées intégristes lui reprochaient d’être abbé, tandis que les intégristes cathos lui reprocaient d’être Pierre. Mais il sut fort bien naviguer entre les vagues extrêmes, et conserva le cap tout le temps que dura sa traversée de la vie. On lui reprochait aussi d’utiliser les médias pour éclairer la condition des pauvres, mais de toutes façons, fallait bien lui trouver des poux dans la tonsure, faute de faire comme lui et de tendre la main aux six millions de Français pataugeant dans la précarité. Quand un type fait le bien, faut résolument chercher le défaut de la cuirasse, et l’on y parvient toujours. Ce qui gênait surtout nos bourgeois bien-pensants des chapelles agnostiques, c’était tout simplement ce contact d’un homme célèbre avec la crasse des bidonvilles. Les mélanges, dans notre belle civilisation, sont insupportables, parce qu’ils dégagent une odeur. Stendhal disait : « J’aime le peuple, mais il est sale ». C’était condenser en un minimum de mots ce que ressent notre classe nantie, laquelle ne lève jamais le bout de son petit doigt pour sortir de la merde ceux qui tendent désespérément la main. Non, je ne fais pas un sermon, puisque je m’adresse à moi-même. La pauvreté crasse me révolte, mais je n’ai jamais rien fait pour en soulager les souffrances. Je passe à côté, en me disant que c’est bien triste toute cette misère, puis je m’en vais relire « Les misérables » dans des volumes reliés en cuir pleine peau. Mieux : je n’exige d’aucun candidat aux Présidentielles qu’il inscrive à son programme une solide politique de sauvetage des déshérités. Je leur demande de parler bien, d’inventer des formules-chocs, et de bien sourire devant les caméras. Je leur demande « du souffle ». Pour, probablement, souffler sur notre sentiment de culpabilité, comme Ponce Pilate le fit d’un revers de main. ADIEU NICOLAS HULOT ! Car franchement, comment as-tu pu penser une seconde que les candidats signataires de ton Pacte écologique mettraient en pratique une seule de tes propositions ? Signer, ça ils savent faire, mais faire, c’est autre chose, sont pas nés pour ça, les politicards. Sont nés pour causer, serrer des mains les jours de marché, inaugurer la Muraille de Chine, assister aux grands matches de foot, mais réaliser quelque chose, non, à de très rares exceptions près, et c’est sans doute pour ça qu’on se détourne des urnes, qu’on n’éprouve aucun enthousiasme à désigner au poste suprême un as de la gastronomie tout terrain. Patrick FONT |
||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||
| Le coq des bruyères hebdo... suite | ||||||||||||||||||||